~ Traversée De L'I-95 ~

Sujet imposé : La traversée d'une grosse autoroute.



Elle courait comme si sa vie en dépendait et au final peut être que c'était le cas. Peu importe les branches qui la blessaient, ses fragments de vêtements perdus à jamais, elle courait comme sans doute jamais personne n'avait couru jusque là. Ou du moins le pensait-elle.

Mardi 18 Décembre - 5h48

Soraya sortait de ce bar miteux la gueule encore perchée on ne sait où. Elle buvait drôlement Soraya ces derniers temps. C'était pourtant encore qu'une gamine. Du haut de ses vingt ans, de son mètre soixante, de ses talons un peu trop hauts pour ses maigres chevilles.. Du haut de toute sa splendeur de femme-enfant. C'était une jolie brune aux accents de lumière, deux perles vert jade absolument magnifiques étaient cachées sous ses paupières toujours fardées d'un noir charbon, une bouche fine aux teintes de rouge passion, un rouge à en faire bander le diable lui même. Et cet air d'innocence, de fausse candeur qui trônait sur son visage.. ah Soraya c'était un beau petit brin de femme !
Ce soir encore elle en avait fait tourner des têtes ! Les épais routiers, les p'tits vieux, les piliers d'comptoir, tous l'avaient remarquée. En même temps ce n'était pas bien difficile, elle avait était comme un lys éclatant dans un parterre de chardons. Et on lui en avait payé des verres à Soraya, peut être même un peu plus qu'il n'en aurait fallu mais il lui fallait bien ça à elle pour oublier. Oublier, encore et toujours le même rituel de ses soirées, oublier. Mais oublier quoi ? Oublier tout. Le froid, ses vêtements trop courts, sa petite gueule d'ange trop maquillée, sa petite gueule d'ange désabusé, toutes ces allers et venues dans les rues. Oublier ces hôtels miteux, ses matelas crasseux et ses mecs pas mieux qui la culbutaient toute la putain de journée contre quelques bouts d'papiers. Fille des plaisirs, Soraya, fille de la nuit.
Elle titubait dieu sait pour où puis héla un taxi avant de s'y engouffrer dedans.
- J'la conduis où la p'tite dame ? Lui lança le vieux chauffeur la clope entre les dents et la regardant dans un coin du rétro.
Elle fouilla dans son sac en sorti deux billets d'cinquante, les lui pressa sur l'épaule.
- Roulez...
Avant qu'il n'ait le temps de lui demander autre chose elle lui coupa le sifflet.
- Vers l'autoroute, celle que vous voulez.
- Bien.
Dit-il en écrasant sa clope dans l'cendar.
Il réajusta sa vieille casquette élimée des Knicks et roula sans trop savoir encore vers où. Pour 100 billets il pouvait bien faire plusieurs blocks avant de se décider ! Il tourna donc un peu dans la ville endormie avant de se diriger vers la I-95. Et puis quand elle vit le compteur arriver presque à 100 elle le fit s'arrêter à la première borne d'urgence qu'ils croisèrent.
- Je descends là. dit elle d'un ton froid, sans vie.
Il avait peur qu'elle fasse une connerie.
- Enfin mademoiselle ! Vous ne songez tout de même pas rester là ? C'est dangereux, personne pour vous raccompagner après !
Elle lui fila un nouveau billet et lui demanda de reprendre la route... sans elle. Il le fit avec tout de même quelques réticences mais il ne voulait pas l'embarrasser.
Elle resta un moment assise par terre contre la borne à regarder le trafic s'intensifier peu à peu. Puis elle commença à marcher le long de la voie, protégée par la rambarde de sécurité. Elle a désormais ôté ses chaussures et marche pieds nus sur le bitume, les sandales à la main. Ici elle oublie presque sa vie morne d'en ville. Elle s'abandonne à la mélodie des bolides avalant le bitume et se prend à imaginer la vie de ces gens qui filent à toute allure vers leur travail, leur famille, leur amant, que sait-elle ? Lui avec sa Ford pourrie d'un bleu que très peu uniforme et rouillée par endroit, elle imagine sa vie de Working Poor. Albert, un femme disgracieuse aux cheveux gras et à la gueule peinturlurée avec des couleurs inappropriés à son blond délavé mangé par les racines sombres, et deux chiards aussi insipides que leurs parents. Des crédits à ne plus savoir qu'en faire, deux jobs lui permettant de gagner des clopinettes, une maison aussi délavé que le blond de sa bourgeoise. Et Albert file à 7h17 sur l'I-95 vers son boulot de magasinier dans une épicerie minable de banlieue.
C'est comme si elle les connaissait tout ces gens qui défilaient. De temps à autre elle était tirée de ses rêves par un klaxon d'un mec sans doute un peu trop échaudé. Mais elle s'en foutait, ici rien ne pouvait lui arriver ! Ici elle était la reine d'un monde imaginaire, de vies fictives qui s'entremêlent. Ici elle n'était plus Soraya la jeune putain de la grosse pomme, elle était juste Lotti la gamine de la campagne, innocente, choyée par sa mère et ses soeurs. C'était toujours à se moment qu'elle se rappelait que ça faisait 4 ans qu'elle ne les avait plus vues. Le vieux elle s'en foutait, qu'il aille au diable ! Elle ravala ses sanglots et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues emportant le rimmel et la poudre noire sur leur passage creusant des rigoles sombres. Puis, comme à chaque fois, elle marchera en direction de la ville jusqu'à la prochaine borne où elle appellerait quelqu'un pour qu'on vienne la chercher. Elle se ferait engueuler par le dépanneur qui lui dirait que c'est dangereux l'autoroute, que c'est pas pour les p'tites jeunettes à pieds, qu'elle le dérangeait alors qu'une voiture aurait peut être eu plus besoin de lui. Et elle s'en foutrait, elle regarderait le paysage défiler par la vitre. Quelques minutes après il se radoucirait et essayerait de comprendre puis compatir mais elle restera muette. C'était toujours la même histoire, le même refrain. Mais elle recommencerait demain.
Sur les coups de 8h elle se rendra au Jerry's ou Linda, une jeune serveuse black, lui servira une tasse de café, des crêpes au sirop d'érable et au beurre et une salade de melons et fraises. Et Soraya mangera sans appétit, sans goût ce petit déjeuner rituel avant que Marty arrive, s'assoit en face d'elle commande son café noir serré et le Times du jour. Il lui filera une clope, s'en allumera une et en feuilletant la page des sports lui lancera.
- La nuit a été bénéfique ?
Sans répondre Soraya lui tendra un rouleau de billets tenus par un élastique qu'il s'empressera d'ôter et de lui balancer devant. Enfin il comptera si les 500 sont bien là avant de reprendre sa lecture. Parfois, avant qu'elle parte, il la consomme aux toilettes et se barre la laissant seule devant elle même. Aujourd'hui il était si prit dans son journal qu'il ne remarqua même pas qu'elle était partie. Elle rentra chez elle, faire couler l'eau de sa douche pour qu'elle chauffe, se déshabille et s'assoit par terre, dans le bac de douche, sous le jet chaud et pleura jusqu'à n'en plus pouvoir. Elle enfila alors un peignoir et comme tous les jours se couchera à l'heure où l'on se lève pour plonger dans le plus profond des sommeils.

Jeudi 27 Mars - 4h21

Ca faisait maintenant 5 jours que Soraya n'avait plus fait le tapin que pour subsister à ses propres besoins. Elle avait décidé que ça suffisait, elle voulait rentrer chez elle pour revoir sa mère, ses soeurs ! Elle savait qu'elle n'en avait pas encore le courage alors elle attendait. Elle n'apportait plus rien à Marty, et il devait sans doute fulminer ce gros porc crade se disait-elle. Elle savait qu'il la cherchait et que si il la trouvait elle allait passer un sale quart d'heure. Elle se souvenait alors de toutes ces fois, les torgnoles quand elle ne ramenait pas assez ou trop en retard. Et puis au début aussi, tout ce que lui et son équipe avaient fait pour lui apprendre le métier. Mais aujourd'hui elle s'en foutait, il pourrait bien la tuer, peu lui importait. Elle se cachait tout de même, si tant qu'à faire elle pouvait éviter les coups. Elle mettait un peu d'argent de côté pour pouvoir partir quand elle serait prête et pallier aux besoins de sa vie future. Hier elle s'est même achetée une jolie robe, une de femme bien, une qui ne soit pas courte, ni trop décolleté. Une belle robe cintrée, arrivant à mi-mollets, blanche avec de jolies grosses fleurs parmes. Elle avait même acheté une paire d'escarpins assortis, des respectables, des qui ne trahiraient pas sa vie d'avant. Elle s'était regardée longtemps dans son vieux miroir vêtue comme une femme normale. Elle se trouvait jolie comme ça. Mais il fallait bien manger et mettre de côté pour un billet à destination d'une nouvelle vie ! Aussi se prépara t elle et alla travailler un peu, finir dans un bar, saoule. Puis le rituel recommença, un taxi, une autoroute. Soraya, à 4h20 et quelque du matin, marchait le long de l'autoroute. Elle n'eut pas à marcher longtemps avant qu'une voiture ne s'arrête sur la voie d'urgences. Pourtant y'avait quasiment personne à c't'heure là ! On ne pouvait pas lui fiche la paix ! Et là elle entendit la voix de Marty qui la hélait depuis la portière. Elle se mit à courir, elle entra dans l'épaisse végétation du bord de route pour qu'il ne puisse la suivre avec sa voiture. Peu lui importait, il laissa sa voiture sur le côté et couru après elle. Une pétasse n'allait quand même pas lui imposer sa loi ! C'était lui qui décidait quand une fille partait ou pas, non mais ! Et Soraya courait, courait, courait aussi vite que ses petites jambes lui permettaient ! Elle s'enfonça dans un petit bois espérant pouvoir se cacher, mais il était derrière elle. Les ronces et les branches arrachaient des morceaux de ses vêtements et la blessaient mais tant pis il fallait continuer. Alors elle courait comme si sa vie en dépendait et au final peut être que c'était le cas. Peu importe les branches qui la blessaient, ses fragments de vêtements perdus à jamais, elle courait comme sans doute jamais personne n'avait couru jusque là. Ou du moins le pensait-elle. Soudain elle déboucha devant une autre autoroute, une grosse, 4 voies de chaque côté ! Le trafic n'était pas encore intense mais il y avait quand même quelques véhicules qui passaient. Elle était coincée, Marty serait là d'une seconde à l'autre. Il fallait qu'elle traverse ! La traversée serait son seul moyen de lui échapper. Alors elle prit son courage à deux mains et s'élança sur la chaussée. Première voie passée ! Elle entama la seconde quand elle entendit un gros coup de klaxon et vit deux gros phares face à elle. Elle hurla et protégea son visage de ses bras avant de sentir le souffle d'un véhicule la frôler. Il avait réussi à la contourner aussi ne tarda t elle pas et continua sa traversée. Elle s'arrêtait à chaque voie pour regarder si personne n'arrivait et éventuellement laisser passer une ou deux voitures qui lui lançait une foule de klaxonnées au visage. Au milieu elle se protégea entre les rambardes de sécurité de chaque voie et pris le temps de reprendre son souffle. Elle regarda si Marty la suivait, il était au bord de la route et passait son pouce sur sa gorge comme si il s'égorgeait pour lui montrer le sort qu'il lui destinait. Il n'oserait sans doute pas traverser. Ou peut être que si, elle n'en était pas sure, elle n'était sure de rien ! Elle avait du mal à reprendre son souffle et se sentait à cette seconde perdue comme jamais. Que fallait-il faire ? Continuer ? Rester là, à l'abri oui, mais pour combien de temps ? elle décida de faire de grands gestes à chaque voiture qui passerait devant elle.
- Arrêtez vous ! Aidez moi ! Arrêtez je vous en supplie ! Hurlait-elle comme jamais elle n'avait hurlé de sa vie.
Une bonne dizaine de voitures passa devant elle avant qu'une ne s'arrête. Une petite dame d'une soixantaine d'années. Soraya se précipita dans la voiture et demanda à la vieille dame de foncer.
Marty ragea au bord de sa chaussée, comment allait-il retrouver sa voiture maintenant ?
Dans la voiture Soraya expliqua à la vieille dame qu'elle était tombée en panne et qu'un fou s'était arrêtée et voulait l'agresser aussi avait-elle couru pour s'échapper. La dame n'eut aucune peine à gober l'histoire de la jeune fille et compatis avant de pester contre cette société de malheur qui ne fait qu'engendrer des psychopathes, que bientôt tous les gens biens se feraient égorger et seraient remplacés par des fous dangereux. Soraya la laissa parler et regarder la ville se rapprocher, soulagée. Arrivée devant chez elle, elle promis à la vieille dame d'aller porter plainte de suite, la remercia chaudement et rentra vite dans son studio pourri. Elle rassembla ses vêtements et le peu d'affaires qu'elle possédait dans deux sacs de voyage le plus vite qu'elle pouvait, pris soin de mettre sa jolie robe dans une housse puis descendit laisser sa clé et le montant du loyer du mois dans la boite aux lettres du propriétaire avant de filer à la gare routière. Soraya prit un billet dans le premier bus qui partait, il était à destination d'Anna, Illinois. Soraya grimpa dedans et se cala bien au fond de son siège comme pour que personne ne la remarque. Par chance, personne ne s'assit à côté d'elle pendant tout le voyage. Le bus fit un arrêt dans une petite ville d'Illinois, Millcreek, le dernier arrêt avant Jonesboro puis Anna. Soraya avait vu un petit Motel en passant et décida de descendre là. Elle pourrait se reposer dans un vrai lit et passer la nuit avant de partir pour Hollis, Oklahoma, la ville juste à côté de la ferme de sa famille. D'ici quelques heures, une ou deux jours maximum elle retrouverait enfin sa famille. Le soir au motel, elle passa une nuit paisible et le lendemain elle se prépara soigneusement. Elle enfila sa jolie robe avec ses escarpins assortis. Elle coiffa ses longs cheveux bruns, mis juste un peu de noir sur ses cils, un peu de rose sur les lèvres et parti pour l'arrêt de bus le coeur battant à tout rompre dans sa poitrine. Plusieurs heures après elle était enfin à Hollis. Elle regarda tout autour d'elle, rien n'avait changé, Soraya s'échappait peu à peu. La jeune femme marcha dans la ville une bonne heure avant de se rendre à une station de taxis. Elle monta dans la voiture du vieux bonhomme et lui dit le coeur au bord de l'explosion.
- A la ferme des Beckett, sur la route sud je vous prie.
- Bien Mademoiselle.

Le taxi démarra et alors n'était plus qu'une gamine dégustant le paysage par la fenêtre. Elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète, comment sa famille allait-elle l'accueillir ? Elle sentait la chaleur du soleil de l'après-midi lui balayait le visage, comme c'était bon d'être là. Le taxi tourna dans une allée, c'était la dernière ligne droite, son estomac était noué, il lui semblait que son coeur allait s'arrêter tant il battait fort. Et enfin la voiture s'arrêta devant la maison qui n'avait pas changée, comme si elle l'avait attendue toutes ses années. Elle descendit du taxi mais resta contre à observer sa maison qui lui avait tant manquée. Le chauffeur la tira de ses rêves en lui tendant ses bagages. Elle sursauta et lui tendit nerveusement les billets du prix de la course gonflé des vingt billets de pourboire. Elle avança vers la maison, un bagage dans chaque main quand elle entendit le grincement de la porte. Elle leva sa tête et pu voir sa mère marquer un temps d'arrêt sur le perron de la maison avant de courir prendre son enfant dans ses bras. Et pendant qu'elles s'étreignaient en pleurant à chaudes larmes, Soraya disparue à jamais.
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# Posté le jeudi 15 mars 2007 18:58

Modifié le vendredi 16 mars 2007 10:18

~ Photo n°0.002 ~

~ Photo n°0.002 ~
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# Posté le lundi 26 mars 2007 17:07

Modifié le lundi 26 mars 2007 19:29

~ Les Morts Stupides Du Nouvel An : Sommaire ~

- Sommaire -


Le Sapin......................................... 1
La Piscine....................................... 2
Une Message Perdu......................... 3
Cacahuète...................................... 4
Le Traineau.................................... 5



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Sujet imposé : Les Morts Stupides Du Nouvel An.
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# Posté le lundi 26 mars 2007 17:13

~ Les Morts Stupides Du Nouvel An : Le Sapin ~

- Le Sapin -



Romain et Sonia avait attendu pendant plus d'un mois pour que papa aille acheter le sapin. Mi Novembre c'est bien trop tôt pour l'acheter qu'elle avait dit maman, il serait crevé avant. Alors ils avaient attendu, attendu, encore et encore ! Et tout les jours ils mettaient une petite croix verte sur leurs calendriers pour compter les jours qu'il reste avant d'avoir le sapin. Et au bout de 42 petites croix vertes le jour était enfin venu. Ce soir papa était rentré du travail comme tous les jours. Il a d'ailleurs pu voir la mine triste des deux enfants quand ils l'ont vu passer la porte sans arbre de Noël, encore une fois, et pourtant il ne restait que 10 petites croix rouges avant noël. Quelques minutes après que papa se soit installé dans le canapé du salon pour lire le journal pendant que le dîner finissait de cuire, il s'exclama.
- Oh zut alors ! J'ai oublié mes lunettes dans la voiture ! Sonia tu veux bien aller me les chercher s'il te plait ?
La petite fille répondit qu'elle avait bien trop peur d'aller dans le garage, au sous-sol, toute seule. Papa demanda à Romain de l'y accompagner, ce qui ne manqua pas de tirer un grognement au gamin qui était sur son jeu vidéo. Les deux chérubins descendirent alors les escaliers de béton menant au garage et quelle surprise n'eurent-ils pas en découvrant à côté de la voiture de papa un beau sapin tout vert ! Ils sautèrent de joie et commencèrent une ronde devant l'arbre touffu.
- On va décorer le sapin ! On va décorer le sapin ! Chantaient-ils en coeur.
Après quelques dizaines de remerciements, tous allèrent dîner avant de s'atteler à la décoration du désiré sapin. Quelques guirlandes par ci, quelques boules par là, des cheveux d'ange un peu par ici, une étoile tout là haut, et surtout beaucoup de lumières ! Tous les ans ils utilisaient les mêmes guirlandes lumineuses, certes un peu dépassées par rapport aux nouvelles illuminations de plus en plus petites et gracieuses, mais qu'importe après tout ? L'important était de décorer le sapin et surtout avoir des cadeaux dessous le matin de Noël. Et l'on ne peut pas dire que le père noël les eu manqués ! Le 25 au petit matin c'est une foison de cadeaux qu'ils purent trouver sous l'arbre, sans compter ceux apportés par la famille au déjeuner traditionnel de Noël.
Quelques jours passèrent et arrivait enfin la Saint Sylvestre ! Chez eux c'était toujours une fête très réussie, les amis de leurs parents et quelques membres de la famille se réunissaient afin de faire la fête et d'attendre les douze coups de minuit qui marqueraient la fin d'une année et le début de la nouvelle. Enfin c'était surtout l'occasion pour les deux bambins de se coucher après minuit.
Le fameux soir était enfin là, les invités allaient arriver. Tonton Louis était déjà là pour aider papa à finir la décoration de la maison et maman à d'autres préparatifs d'ordre culinaire. Papa et tonton portaient une table dans le grand salon qui ferait dès lors office de salle de réception. En passant devant le sapin papa se prit les pieds dans les fils de la lumière et fit tomber, pour ne pas dire arracha, une bonne partie des guirlandes lumineuses. Quand l'installation de la salle fut terminée tonton alla donc tenter de remettre tout en place. Un fil s'était coupé, heureusement il savait comment le réparer. Un couteau, un rouleau de chatterton et l'opération "que la lumière soit" pouvait démarrer ! Et on dénude un fil par ci, l'autre par là. Tonton tortilla les fils entre eux et brancha la prise pour vérifier que les lumières fonctionnaient, perdu, ça n'était pas encore ça. Il était en train de bidouiller quelques petites choses pour arranger tout ça quand maman passa pour apporter le saladier de punch. Elle ne prit pas garde au bazar qui traînait par là et ne manqua pas de trébucher renversant le saladier sur tonton. Un bruit bizarre. Le noir. Un hurlement. Tonton est parti là haut moins de 5h avant le passage à la nouvelle année et cette fête là maman s'en souviendra toute sa vie.
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# Posté le lundi 26 mars 2007 17:16

~ Les Morts Stupides Du Nouvel An : La Piscine ~

- La Piscine -


Enzo jouait tranquillement dans le salon avec ses petites voitures, trois, pas plus, avait dit maman. Elle avait expliqué que c'était parce que des gens allaient arriver très bientôt et qu'il ne fallait pas mettre de bazar partout, alors elle permettait trois petites voitures pour jouer mais c'était tout. Tant pis pour les scènes de la vie de tout les jours, Enzo se contentera de jouer aux accidents. Il lançait les petites autos les unes contre les autres dans de gros "BAOUUUMMM !!!" et d'atroces cris des passagers choqués. Bon dieu mais qu'est-ce que cet enfant a dans la tête disait papa quand il passait à côté du monde de la route de son fils. Maman se contentait de lever les yeux au ciel en implorant un peu de silence. Mais de toute façon, ils étaient bien trop occupés pour faire plus attention au petit garçon. Après un quart d'heure d'accidents, Enzo, 5 ans, délaissa ses autos et se mit à suivre les allers et venue de sa mère entre la cuisine et le salon. De temps à autre il tirait sur sa jupe en ponctuant ses gestes de "Dis, Maman, c'est quand que elle est là Clara ?", "Dis, Maman, c'est bientôt que ils arrivent les gens ?", "Dis, Maman, je peux porter des assiettes moi aussi ?", et autres interrogations plus agaçantes les unes que les autres pour cette mère qui n'avait d'attention que pour ses préparatifs et l'heure qui coulait comme du sable entre les doigts. A chaque question elle répondait par un "Pssssshhhht ! Enzo ! Maman est occupée ! Va donc jouer ailleurs !". Quand il comprit que sa maman ne s'occuperait pas de lui tant que les gens ne seront pas arrivés, il traîna son doudou et son petit corps dans sa chambre. Il était un peu triste, d'habitude, Maman s'occupait toujours de lui, il ne comprenait pas trop qu'aujourd'hui elle ne fasse pas attention à lui. Enfin bientôt Clara arriverait et ils joueraient tout les deux aux accidents. Ce sera bien plus drôle ! Clara c'était son amoureuse de la maison. Il la connaissait depuis qu'il était bébé. Elle est née 3 mois après lui et c'était la fille de la meilleure copine de maman, ça aidait. Enfin à l'école il en avait bien une ou deux autres. Il avait préparé un cadeau pour papa et maman à l'école, et un pour Clara à la maison. Qu'est-ce qu'il lui tardait de les offrir ! Il avait fabriqué un rond avec l'empreinte de sa main peinte pour Papa. Il s'en souvient ça avait été bien rigolo ce jour là à l'école ! La maîtresse avait coupé des tranches de terre glaise dans un gros boudin marron-gris qui était tout gluant quand on le mouillait. C'était vraiment trop drôle sous les doigts, Enzo s'en souvient. Après il avait appuyé très fort sa main sur sa tranche pour qu'il y ait une belle trace. Après ils avaient tous rendu leurs mains de terre à la maîtresse pour qu'elle les fasse cuire et le jeudi suivant, jour de la peinture et des travaux manuels, ils avaient peint les petites mains. Enzo avait peint le tour bleu foncé et l'intérieur de la main en vert clair. Après il avait posé des décorations autour, du fil, des feuilles séchées, des perles, etc. Et il avait même gravé son prénom dessous et la date au dos ! Pour maman, il avait fabriqué autre chose, une belle bougie qui sent bon. D'abord il avait remplie une colonne à bougie avec des feuilles de houx et des baies rouges. Après la maîtresse avait recouvert le tout avec un gel vert translucide chaud. Pendant qu'il attendait que sa bougie soit prête il fabriquait un bougeoir avec les autres enfants. Pour ça ils avaient rempli une boite de camembert avec du plâtre, ils l'ont un tout petit peu laisser sécher pour pas que ça soit trop liquide, mais pas dur tout de même. Après ils avaient planté des feuilles, des minis pignes de pains, des animaux de bûche de noël et enfin avaient recouvert le tout de neige en spray. Ca leur semblait magique, un coin de forêt montagnarde dans une petite boite. C'est sur ça allait bien plaire à maman ! Pour Clara, maman l'avait aidé à peindre un petit coffret de bois et à fabriquer un joli bracelet qu'il a déposé dans le coffret.
Il s'amusait maintenant au trampoline sur son lit, il savait qu'il n'était pas vraiment autorisé à faire ça mais après tout papa et maman étaient bien trop occupés pour venir le disputer. Aussi le gamin sauta jusqu'à c'qu'il entende maman l'appeler. Clara était enfin arrivée ! Il se précipita à l'entrée de la maison et vit sa dulcinée toute emmitouflée dans son gros manteau à capuche, son bonnet, son écharpe, ses gants. Enfin bref, tout l'attirail pour braver le froid de l'hiver. Malgré l'accoutrement digne des endroits polaires, la petite fille avait le nez tout rouge et de petits yeux luisants. Sa mère apprit à son amie et au petit Enzo que Clara était malade, qu'elle était venue parce qu'elle voulait absolument voir son amoureux mais qu'il faudrait sans doute qu'elle passe la majeure partie de la soirée au lit. Enzo était un peu déçu que celle qu'il attendait tant pour jouer ne soit pas en forme mais il était tout de même content qu'elle ne soit pas restée chez elle. Aussi il lui fit quand même un gros bisou ce qui ne manqua de faire rire les parents présents. Pendant que Laureen, la maman de Clara, aidait à finir de préparer, Enzo emmena son amie dans sa chambre pour quand même jouer un peu. Clara fit l'effort de jouer quelque minutes puis toute fatiguée qu'elle était se coucha sur le lit du petit garçon et proposa de jouer au docteur. Enzo alla chercher sa trousse de médecin qu'il avait reçu à Noël de tonton Edouard, enfila la chemise blanche que papa lui avait donnée pour faire une blouse, mis le stéthoscope dans ses oreilles et commença à ausculter sa patiente. Mais très vite la petite fille s'endormit. Enzo la couvrit avec sa petite couverture polaire et lui fit un bisou sur le bout du nez avant de se mettre à dessiner calmement sur son bureau en veillant à chaque minute que sa princesse ne se réveilla pas. Il aimait bien Clara et avait envie de veiller encore sur elle mais le dessin ne l'occupa qu'une petite demie heure avant qu'il ne s'ennuie de nouveau. Aussi pour ne pas embêter la petite fille il décida d'aller jouer ailleurs. Le salon était prit par les adultes qui buvaient l'apéritif, la cuisine par Maman qui y venait toutes les cinq minutes pour le dîner, la salle de bain était bien trop petite et ennuyeuse pour y jouer dedans, la chambre des parents lui était interdite en leur absence à cause de la télé et de l'ordinateur qu'il n'avait le droit de toucher qu'en la présence de ses parents ou d'un autre adulte. Enzo soupira en se demandant où il pouvait bien aller jouer. Dehors il faisait bien trop froid et maman ne serait sûrement pas d'accord. Il ne restait qu'un endroit où il pouvait aller jouer... la piscine ! Il y a deux ans, les parents d'Enzo ont fait construire une piscine dans une véranda amovible comme ça l'été ils pouvaient ouvrir grand la véranda et bénéficier du beau temps pour se baigner. Et en hiver la véranda était chauffée et ils pouvaient profiter ainsi de leur piscine toute l'année. Les parents ne veulent pas qu'Enzo se baigne tout seul ni n'aille dans la véranda quand personne n'est au courant mais pour jouer dans les massifs de plantes de maman il n'y aurait sans doute aucun problème pensait-il. Aussi sans faire de bruit il se faufila dans la véranda avec voitures et petites figurines et commença une expédition dans la forêt tropicale. Les jeeps roulaient à fond dans le gravier blanc, faisant occasionnellement quelques dérapages, slalomant entre les grosses plantes, s'arrêtant de temps à autre pour permettre aux chercheurs d'étudier les alentours. Action Man, comme l'avait savamment baptisé le petit garçon, devait déjouer les mauvais plans du Docteur Dingo qui visaient à détruire le monde entier ! Des combats firent rage dans la forêt. Baoummmm ! Une bombe explosa à quelques centimètres de la jeep d'Action Man, tu as raté ton coup Docteur Dingo ! Si tu crois qu'Action Man pouvait mourir comme ça quelle erreur ! Les figurines étaient cachées derrières les tiges des plantes, rampaient, couraient d'une tige à l'autre pour échapper à l'ennemi. C'était vraiment bien plus drôle que le dessin les combats ! Bientôt Action Man visa le Docteur Dingo d'un missile qui vint le faire exploser. Dans un élan d'entrain et sans trop calculer les conséquences de son acte, le petit garçon lança son bonhomme en l'air pour simuler l'explosion. Malheureusement celui-ci fila tout droit dans la piscine où il surnagea quelque secondes avant de sombrer pour finir par se noyer tout au fond. Scandalisé par cette perte, Enzo se précipita au bord de la piscine pour jauger de la situation. Il resta interdit quelques instants, le temps de trouver comment rattraper l'ennemi numéro un de son héro. Il pensa alors que la meilleure solution était d'essayer avec la grande épuisette de papa, il l'avait déjà vu faire avec les feuilles qui étaient tombées dans la piscine cet été, il serait bien capable de faire pareil pour sauver son bonhomme. Il attrapa donc l'immense objet qui devait bien faire deux fois sa taille et tituba jusqu'au bord de la piscine pour essayer de rattraper le docteur. Mais à ce bout de la piscine la profondeur était bien trop importante pour que l'épuisette arrive au fond. Le garçon essaya tout de même encore et encore avant d'abandonner dans un grognement de colère. Comment jouer sans le Docteur ? En essayant de sortir le grand bâton de l'eau il vacilla et atterrit dans la piscine.
Laureen passa la tête dans l'entrebâillement de la porte pour voir comment allait sa fille. La chambre était plongée dans la pénombre relevée par la faible lumière de la veilleuse mickey d'Enzo. Elle vit qu'on était allongé dans le lit. Allons bon ! A quoi jouaient-ils encore ? Il y a quelques semaines, elle les avait surprit allongés à jouer au papa et à la maman. Elle s'approcha et vit sa fille endormie. Pas de trace du garçonnet. Elle s'asseye au bord du lit et passa sa main sur le front chaud de l'enfant pour jauger de l'avancement de son état. Elle était encore brûlante et avait très certainement un bon 38/38,5 de fièvre. Elle allait la laisser dormir encore et s'apprêtait à sortir de la chambre pour trouver Enzo quand elle fut rejointe par son amie.
- Ils font quoi les loupios ? demanda la maman du garçon.
Laureen répondit que Clara, fiévreuse, dormait paisiblement dans le lit du garçon mais que lui, elle ne l'avait pas vu et qu'il devait sans doute jouer ailleurs. Les deux femmes inspectèrent la salle de bain, personne. Les toilettes, occupés. Le petit devait être là aussi elle retournèrent au salon.
- Où est Marc ? Demanda Laureen au père d'Enzo.
Il rie en lui répondant qu'il ne s'était pas encore envolé, qu'il était simplement allé satisfaire une exigence de la nature. Les deux femmes échangèrent un regard.
- Mais alors ça n'était pas Enzo là bas, dit la maman de celui-ci, où est-ce qu'il est encore allé se cacher celui là !
Elles expliquèrent au papa que Clara dormait mais qu'Enzo n'était ni dans sa chambre, ni à la salle de bain. L'homme pesta qu'il devait encore être en train de sauter sur le lit parental. Maman alla voir si c'était le cas, mais la chambre était vide. L'angoisse commença à la gagner. Elle allait voir dans le garage quand elle passa devant la porte donnant accès à la véranda et sans trop savoir pourquoi un pic de terreur l'envahit. C'est tremblant qu'elle ouvrit la porte avant de voir jeeps et figurine dans le massif et au sol, et une grosse tache foncée flottant dans l'eau qui semblait terriblement calme.
Au salon entre deux tintements de verres, deux blagues, deux potins, deux rires, un hurlement inhumain retentit.
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# Posté le lundi 26 mars 2007 17:17